Flow
Volume 1
Auteur : Yuki Urushibara
Editeur : Big Kana
Date de Sortie : 19 novembre 2021
Genre : Fantastique / Enquêtes
Big Découverte

Chat-sseurs de Flow

Quand les émotions deviennent trop envahissantes chez certains êtres vivants, un phénomène surnaturel provoque une altération dans la réalité. Souvent précédés d’une brume mystérieuse, les flows sont des bouleversements de l’espace et du temps qu’il faut rapidement traiter afin d’éviter des désagréments plus ou moins importants. Véritable bug de la réalité, un flow peut, par exemple, dupliquer un bout du paysage, arrondir tout ce qui est anguleux dans un périmètre ou encore créer une symétrie du monde et le rendre accessible depuis un miroir, il n’y a pas de limite aux formes que ces anomalies peuvent prendre. Pour les traiter, il faut trouver la personne dont les émotions ont débordé, ou attendre que l’effet s’estompe en quelques jours, mois ou années, selon la puissance du flow.

Accompagné de son chat Shachô et de Chima son assistante, Hirota est un chasseur de flow officiellement engagé par la mairie de la ville. Depuis sa petite maison en désordre qui fait office de quartier général, il répond aux appels de citoyens ayant été victimes de flows indésirables.

Série dont le premier tome est sorti le 19 novembre 2021 aux éditions éditions Kana, Flow est la dernière œuvre en date de Yuki Urushibara. Cette autrice s’est déjà faite connaître en France en 2007 avec Mushishi, série en 10 tomes également parus chez Kana. Grâce à son trait doux et ses ambiances bienveillantes et oniriques, elle a su conquérir le lectorat français. La voilà aujourd’hui de retour avec Flow une série en 3 tomes qui possède un concept très proche de ce que proposait Mushishi, à savoir la résolution de problèmes humains dans un contexte fantastique. Elle est également l’autrice de Underwater - Le Village Immergé, courte série en 2 tomes publiée aux éditions Ki-oon, mais que je n’ai malheureusement pas eu l’occasion de lire à sa sortie.

Le découpage du premier tome de Flow propose, pour chaque chapitre, un flow à comprendre et à résoudre (ou non). Les anomalies à régler sont aussi imprévisibles que farfelues. La réalité distordue peut survenir sous un nombre infini de formes. Le travail de Hirota n’est pas de combattre ces anomalies, ni d’essayer de les réparer. Il doit enquêter et comprendre l’origine de la forme des flows et celles-ci ne sont jamais dûes au hasard. Cependant, la majorité du travail n’est pas abattue par Hirota, mais par Shachô, son chat blanc qui a la faculté de ressentir les flows ainsi que leur origine de manière très précise. Shachô mène son maître à des personnes submergées par leurs pensées et leurs émotions, et c’est grâce au dialogue que l’anomalie s’estompe.

Le manga adopte une structure relativement classique, mais l’originalité et le renouvellement des situations à chaque chapitre viennent empêcher une potentielle monotonie. De plus, un mystère au brouillard plus épais, centré sur Chima, semble se dessiner comme fil rouge et qui va accompagner le trio de protagonistes au fil de ces 3 tomes.

Des personnages chat-rmants

L’atmosphère de Flow est particulièrement éthérée et flottante, à l’image de Hirota. Ce dernier est désordonné mais il est doté d’un esprit de déduction très affûté ainsi qu’une grande empathie - et surtout il adore son chat. Malgré son comportement nonchalant, il est également capable de mettre sa fierté de côté. Quant à Chima, elle possède un tempérament plus ordonné et strict qui contraste avec celui de son collègue. Son histoire se dévoile aussi petit à petit et révèle un personnage au passé compliqué et dont la vie a soudainement changé.

L’écriture des personnages est plus profonde que la première impression qu’il est possible de s’en faire. Mais vous l'aurez compris, Hirota et Chima ne sont pas réellement les personnages principaux de Flow

Chat pitre ?

Que ce soit dans le logo-titre du manga qui finit en queue de chat, ou la résolution des enquêtes, c’est Shachô qui est en réalité au centre du récit. Chaque nom de chapitre est une phrase parlant de chat. La thématique est omniprésente, tant dans le graphisme que dans le récit.

Flow est porté par cet adorable chat blanc. Un chapitre met notamment en scène une absence imprévue de Shachô, et c’est une véritable détresse qui s’empare des personnages, et par extension du lecteur. Ce choix de se focaliser sur le chat contribue à l’ambiance si particulière du manga.

Le style graphique de Yuki Urushibara se distingue par son trait vaporeux unique. Les planches sont toujours riches en décors et pourtant émettent un sentiment de légèreté et de douceur, même en plein flow distordant le paysage. Les personnages disposent d’un traitement simple mais terriblement expressif. Cette clarté rend le manga facile - et plutôt rapide - à lire. Certaines planches méritent de s’y attarder quelques secondes de plus pour la force et l’élégance qu’elles dégagent.

Le travail d’édition de Kana est impeccable, l’ouvrage est agréable à parcourir avec sa jaquette à la texture matte. Le travail de traduction et d’adaptation qui rend la lecture fluide.

Le retour de Yuki Urushibara, l'autrice de Mushishi

Une ambiance unique

La place des chats dans le récit

Visuellement très agréable

Une série qui ne fera que 3 tomes

Certaines résolutions de flow un peu décevantes

Un titre qui a l’air d’être passé un peu inaperçu sur les radars, et c’est dommage !

Flow est une très belle surprise signant le grand retour de Yuki Urushibara et sa narration aussi unique que son talent artistique. Cette série en 3 tomes propose un concept original et un rythme de lecture très satisfaisant. Malgré un récit et des personnages plus profonds qu’ils n’y paraissent au premier abord, j’ai peur que le manga n’exploite pas au maximum son potentiel en si peu de tomes, surtout quand une intrigue plus importante se dessine au fil des chapitres. J’ai hâte d’en découvrir davantage avec le tome 2 et de retrouver Shachô le chat et ses collègues.

 

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